Je vous ai déjà parlé des Paniers Bio Solidaires, au tout début de ce blog, et vous connaissez mon engagement envers nos producteurs locaux.

Il est temps maintenant de comprendre pourquoi et de vous expliquer ma démarche...et peut-être vous aider à trouver des solutions, si vous aussi, vous avez envie d'entrer dans cette même démarche, bonne pour votre santé, nos producteurs locaux...et notre portefeuille (si si, parce-que, à qualité égale, un producteur vend moins cher, ou au même prix, mais vous savez où va l'argent).

Et bonne nouvelle, selon un article lu sur le site du Ministère de l'Agriculture et de l'alimentation, nous sommes de plus en plus nombreux à être, je cite : "soucieux de l’environnement, 66% des consommateurs de produits bio achètent plus de produits de saison, tandis que 53% cherchent également à limiter le gaspillage alimentaire. Et pour s’assurer d’aller au bout de leur démarche, les Français se mettent également à la cuisine : 54% préparent eux-mêmes leurs soupes de légumes".

Dans la réalité, cela se traduit par des pratiques alimentaires qui évoluent (donc)...dans le "bon sens" : 6 à 7 % des achats alimentaires se font en circuits courts (7 Français sur 10 consomment régulièrement des produits Bio) aidant ainsi 21 % des exploitants agricoles qui écoulent leur production par ce biais.

Et ceci est encore en augmentation, puisque ces chiffres datent déjà de quelques années.

Pour autant, les Grandes Surfaces attirent encore du fait de leurs prix "intéressants" (mais qu'en est-il du goût ?), et les exploitants agricoles doivent batailler pour faire valoir le juste prix, celui qui les aide à vivre de leur travail, et ne vide pas notre portefeuille, déjà bien maigre pour une grande partie d'entre nous.

Ce qui m'exaspère fortement, c'est que si les produits Bio sont vendus plus chers en Hypers Marchés et autres, c'est parce-que les distributeurs s'octroient une marge plus élevées que sur ceux issus de l'agriculture conventionnelle.

Imaginez : sur 100 € de produits achetés, seuls 6 ou 7 % revienent aux producteurs !

Hé bien moi, ça me donne envie de ruer dans les brancards.

Un exemple concret ?

En 2011, j'achetais mon lait cru à un producteur près de chez moi, 50cts le litre (bien entendu, j'apportais mes propres bouteilles en verre).  A cette époque, la coopérative laitière lui payait quant à elle, 30cts.

Il gagnait donc 20cts de plus en vendant à un particulier...tout en étant plus que raisonnable au niveau de ses prix.

Il y a un an, il nous vendait toujours son lait à 50cts, mais désormais la coopérative ne lui versait plus que 20cts le litre.

Il gagnait donc moins d'argent en 2018 qu'en 2011, avec des charges qui elles, ne baissent jamais, vous savez de quoi je parle n'est-ce pas ? !

Rappelez-moi combien est vendu le lait cru en Grandes Surfaces ? Ne serait-ce pas 1€50 en moyenne ?

Alors je l'avoue, cela me mets hors de moi de voir comme on "tue" nos petits exploitants.

Peut-être parce-que je vis près d'eux et que j'ai moi-même de la famille et des amis qui peinent chaque jour, mais c'est un fait, il faut essayer d'inverser les choses, et de revenir à des valeurs oubliées...

Il est temps de renouer le dialogue entre producteurs et consommateurs, que l'on soit à la ville ou à la campagne, souvent mis en opposition comme ceux qui "produisent" et ceux qui "mangent".

Comme je le dis souvent, il est urgent de réapprendre...à prendre le temps...

...le temps de cuisiner, en famille c'est un très bon moment de partage (parce que non, je ne suis pas en train de prôner le retour de la femme en cuisine, mais bien de la famille : cuisiner c'est bien, en famille c'est mieux !)...et avec des produits de saison, c'est encore mieux ! :)

Attention, là encore, pas question de jouer les moralisateurs/moralisatrices : il n'y a pas de mal à céder parfois à la "tentation" d'un plat tout près..."parfois" !

D'ailleurs, je l'avoue, il nous arrive d'acheter encore des pizzas "toutes faites" (j'ai travaillé un an et demi chez Marie ! lol).

Mais parfois aussi, ces pizzas viennent de notre pizzaiolo (un ami de la famille), qui s'arrête une fois par semaine dans notre village...gustativement parlant, ça n'a rien à voir !

Rien à voir non plus celles que nous faisons nous-même, depuis la pâte jusqu'à la garniture...

Et quand on manque d'idées pour cuisiner...rien de tel que de pouvoir en discuter avec un producteur, à l'occasion d'une distribution dans un local de La Ruche Qui Dit Oui, près de chez vous : ils ont toujours une "petite recette" à partager !

Mais justement donc, qu'est-ce que la Ruche Qui Dit Oui, ?

Co-fondée en 2011 par Marc-David Choukroun, La Ruche Qui Dit Oui est une plate-forme collaborative (différente d'une AMAP qui est gérée par les producteurs eux-mêmes), entre l'entreprise classique et le réseau : ce n'est pas une coopérative mais une sorte de start-up sociale et solidaire, spécialisée dans le circuit court et local...à grande échelle, car après la toute première Ruche ouverte à Fauga, dans la banlieue de Toulouse, d'autres suivent rapidement sur Paris, Strasbourg, Tours...et très vite le réseau s'étant à toute la France et même en Europe : 1500 Ruches aujourd'hui environ, dont 900 en France !

 

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Un grand merci à Frantz, Responsable de La Ruche de Mirebeau (86110)

 

Comment fonctionne-t-elle ?

N'importe qui peut ouvrir et devenir Responsable d'une Ruche : il suffit d'avoir un local où il est possible d'entreposer les commandes le jour de la distribution... Cela peut être vous, demain, dans votre salon !

En amont, il faut aller à la rencontre, et contacter, des producteurs dans un rayon de 250 kilomètres (c'est la limite "déterminée" par le "locavorisme") : fruits, légumes, viande, fromages, laitages, pain, vin, miel...etc...

Dans le même temps, il faut également "recruter" des "Membres", qui souhaitent acheter des produits locaux.

Chaque semaine donc, le responsable de la Ruche de votre région, votre ville, ou votre village diffuse en ligne la sélection des produits proposés par les producteurs, leurs prix (le juste prix) et le minimum de commandes à atteindre pour être livré...via le site de La Ruche Qui Dit Oui, sur SA page.

Les Membres ont alors 6 jours pour commander : pas d'obligation d'achat, pas d'abonnement, on est libre de commander ou non !

Et c'est essentiel pour moi car on n'a pas forcément besoin d'acheter à chaque fois, selon les restes de la semaine précedente...ou tout simplement parce que l'on n'a pas envie, que l'on part en vacances ...etc...

Quand toutes les commandes sont passées, deux options sont alors possibles :

- soit le producteur a atteint son minimum de commandes

- soit il ne l'a pas atteint...en ce cas, il ne viendra pas livrer cette fois-ci...

La veille de la distribution, chaque Membre reçoit sa liste définitive de produits commandés, le montant correspond, ainsi qu'un numéro de "panier".

Le jour J de la distribution, chaque Membre vient récupérer ses "courses" dans sa Ruche : c'est le Drive version Locavore ! :)

 

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Conclusion :

Avec La Ruche Qui Dit Oui, 80 % du prix de vente revient au producteur (on est loin des 6 % de la Grande Distribution), 8.35 % au Responsable et 11.65 % à la Ruche (pour le service via le net) : enfin, la technologie est au service de l'humain, dans le sens noble du terme.

Adieu Gâchis : les producteurs repartent avec des cagettes vides puisqu'ils ne livrent que ce qui a déjà été réglé.

Pourquoi ai-je choisi La Ruche Qui Dit Oui ?

(Je précise que cet article n'est pas sponsorisé, je tenais vraiment à vous en parler depuis longtemps, car vous l'avez compris je pense, j'adhère totalement à ce concept)

Vous savez et connaissez mon respect du monde rural : ça n'est pas pour rien que nous avons choisi de revenir y vivre, outre l'aspect financier non négligeable...

Avec cette démarche, je sais que j'aide les agriculteurs à changer leur mode d'exploitation et à ne plus utiliser de pesticides ni d'engrais chimiques, parce que si cette transition est nécessaire, elle n'en reste pas moins compliquée à mettre en place (financièrement notamment).

Or, comme le dit si justement Maxime de Rostolan : "les hommes du futur, s'il en reste encore dans 100 ans (oui, il est assez pessimiste, mais ceci est un autre débat), mangeront forcément bio, local, avec une agriculture qui régénère les écosystèmes, qui dépolluent l'eau, qui entretient la santé, qui capte du carbone, qui crée de l'emploi, des dynamiques locales"...

Alors, avec La Ruche Qui Dit Oui, j'ai l'impression que cet espoir n'est pas un vain mot, car moi, j'ai envie de croire en un futur meilleur pour nous, et pour notre planète.

 

Nous constatons chaque jour que notre système alimentaire ( tout le circuit de distribution ) est devenu fou : les circuits courts ne sont pas une solution "magique", mais ils sont une première étape pour le redémarrer...et "en vérité je vous le dis", il est temps de reconstituer une chaîne où les intermédiaires sont véritablement utiles et ne se prélèvent pas des pourcentages excessifs... comme le disait un certain slogan : "redevenons Consomm'Acteurs" et aidons notre planète par la même occasion !

Alors, prêts à relever le défi ?

Dites-moi ce que vous achetez en local ? :)

 

Pour l'heure, je vous envoie de gros bisous et vous souhaite un bon week-end...et une très belle semaine.

Je vous remercie de vos commentaires toujours si bienveillants, et je souhaite la bienvenue à tous les nouveaux abonnés.

Je vous remercie également d'avoir été si nombreux à participer au concours pour gagner mon "panier gourmand Made in Bretagne" : j'ai pris tous vos noms et vérifié les inscriptions, puis effectué le tirage au sort :) !

La gagnante est : Jodanelle !

Bravo et félicitations à toi !

Je vais t'envoyer un mail afin que tu me donnes tes coordonnées pour que je te l'envoie.

 

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