Il y a quelques semaines, vous aviez apprécié la plume de mon papa, et j'avais été très touchée par vos témoignages.

Suite à cela, c'est une personne que j'aime beaucoup qui m'a gentiment envoyé l'un de ses écrits...

J'ai tellement aimé ces mots qui me rappelaient ceux de Raymond Devos : cette façon de jouer avec les mots qui n'appartenait qu'à lui, que j'ai proposé de les publier sur le blog...et avouons-le, un peu de poèsie, dans ce monde, est plutôt bienvenue !

Lui et sa femme sont des gens adorables que j'avais rencontré lors de ma participation à la manifestation "Bienvenue dans mon jardin au naturel".

Nous avions alors sympathisé et, invitée au vernissage de l'exposition de Zywia (sa femme) et de Thérèse Rinuit (j'avais fait un article sur mon premier blog !), nous nous étions revus.

J'ai beaucoup de tendresse et d'admiration pour les personnes qui ont ainsi cette faculté à se jouer de notre langue...

Place aux mots donc...Aux photomots ! 

 

Un verbe irrégulier dans les nuages

Les nuages ébouriffés sortaient de chez le décoiffeur.

 Des spectateurs ébahis, les regardant, demandèrent à un artiste de passage :

 "Pourquoi ne les peignez-vous pas ?"

 L'artiste sombra en perplexité, s'interrogeant sur le sens à donner à cette question.

 Et pour cause ! il n'avait jamais bien compris ce que voulait dire :

 "Vous peignez la girafe !"

 S'agit-il, pour ce digne et charmant animal, de lui donner un coup de brosse sur le sommet du crâne

 ou de lui donner avec une brosse un coup de peinture ?

 L'accessibilité à la totalité de la girafe n'est déjà pas simple même quand elle consent à incliner le

 cou. Que dire alors de celle aux nuages qui n'en sont plus quand ils nous tombent dessus ? Leur

 appliquer l'un ou l'autre des traitements précédents nécessite un escabeau de Babel.

 Finalement, Monœil - tel était le nom de l'artiste - employa tous les subterfuges de son art pour

 prendre les nuages à bras le corps et les immobiliser. En fait, cela faisait partie de son travail de tous

 les jours, son peint quotidien, disait-il.

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 La production certifie que lors de l'élaboration de ce paraphotographe*, ni les nuages ni les photos n'ont subi de

 mauvais traitements. Ces dernières ont fait l'objet d'un recadrage et d'une décoloration suivie d'une réduction des

 contrastes, mais d'aucune intervention locale de type p-shopinesque.

 * paraphotographe : entrelacs à visée poétique de photographies et de mots;

 appellation non déposée.

 Photos, texte, édition : Sébastien VF

 27 décembre 2018

 

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Connaissez-vous d'autres artistes, poètes, qui ont su jouer ainsi avec les mots ?

J'aime notre belle langue, quel plaisir de se laisser ainsi bercer par le doux son des mots...

Je vous remercie de vos commentaires qui me touchent et me font chaud au coeur à chaque fois : ils me démontrent que ce blog a sa raison d'être et que ce changement voulu en fermant la page du premier, pour en ouvrir une nouvelle était nécessaire...

Je vous souhaite une très belle semaine :)